Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publié par Commune de Gourdon-Murat

porte-drapeaux de la cérémonie

porte-drapeaux de la cérémonie

Le froid est arrivé sur notre campagne, mais le soleil dans les cœurs et dans le ciel était bien là !

 

En présence de M. Christophe Petit vice-président du Conseil Départemental, de M Ensergueix maire de Grandsaigne, de Démétrio Gonzales de l'ACER, des représentants de l'ANACR et ARAC (Jean-Pierre Bort, Michel Agnoux, Roger Lissac, François et Danielle Terracol, Denise Brédimus, Jacques Chastagnol, Albert et Jeanine Gasparoux, Éliane Létang, Danielle Clemenceau), de Karim Asnoun et la fraternelle des chauffeurs de taxis, Amada Rousseaud et Francis Boluda de l'Aténéo Républicano de Limoges, de Paloma Léon et Patricia Vigier autrices de livres sur la guerre d'Espagne, des conseillers municipaux Pierre Dupuy et François Razet, de la famille et amis de Damien Magnaval et des habitants de la commune, Solange Chèze, deuxième adjointe au maire prenait la parole :" M. Daniel Garais, maire de la commune, retenu par des obligations familiales m'a chargée de vous lire ces quelques lignes.

"Bonjour à tous 

Comme chaque année, vous voilà réunis autour de ce monument devenu stèle à la mémoire des 19 brigadistes corréziens qui ont combattu entre 1936 et 1938 pour une République en Espagne. 
Construit en l'honneur de Damien Magnaval, ce monument met en lumière ceux qui ont combattu sur Le front de l'Ebre, ou ailleurs en terre d'Espagne pour la Liberté ; Ne pas oublier ces combattants qui ont voulu la République. 
L'an dernier déjà, nous avions évoqué, la fragilité de la paix, aujourd'hui c'est une bien triste réalité. 
Des conflits à nos portes perdurent et d'autres renaissent. Des populations se voient obligées d'abandonner leurs territoires... 
Depuis quelques jours les civils paient de leur vie par centaines, un tribut inimaginable en ce 21ᵉ siècle. Le fanatisme ne meurt jamais. Hélas l'histoire se répète. 
Honorer le courage et la volonté des hommes inscrits sur cette stèle nous rappelle que la Liberté se gagne et se défend. 
Je vous remercie tous ici présents. 
 
Sont excusés : le député Francis Dubois- le sénateur Daniel Chasseing - M.Kompas de l'ONACR -Philippe Jenty résident de la communauté de communes V2M
Daniel Garais 
Et avant de passer la parole à Karim Asnoun
..Je rappelle que vous êtes tous conviés à clôturer cette cérémonie par le verre de l'amitié à la salle polyvalente. 
 

Karim Asnoun secrétaire de la chambre syndicale des cochers-chauffeurs

Karim Asnoun secrétaire de la chambre syndicale des cochers-chauffeurs

 

Chers Camarades,

C’est un grand honneur pour nous, ici à Gourdon Murat, de vous adresser le salut fraternel de la Chambre Syndicale des Cochers Chauffeurs CGT-Taxis en ce jour de commémoration à la mémoire de Damien MAGNAVAL et des Brigades internationales.

Nous sommes mandatés par notre syndicat et par notre mutuelle, la « Fraternelle », pour vous assurer de notre soutien dans le futur pour perpétuer ce devoir de mémoire.

Damien a fait le sacrifice de sa vie le 21 septembre 1938, à l’âge de 33 ans en luttant contre le fascisme en Espagne. Cela fut également le destin de nombreux camarades.

Malheureusement, à part pour quelques-uns, le souvenir de leur engagement pour la liberté et un monde meilleur semble bien oublié aujourd’hui.

Le monde actuel, dominé par une logique marchande aboutit inexorablement aux conflits des puissances impérialistes. Ces affrontements se font évidemment et comme toujours au détriment des classes populaires et nous contraignent à revivre indéfiniment les mêmes scènes d’horreurs, reproduisant continuellement les erreurs du passé comme si les leçons de l’Histoire ne servaient à rien.

Il y a cinquante déjà, le 11 septembre 1973, le monde, dans une passivité complice, tournait la tête une fois de plus, pour ne pas regarder une autre injustice se reproduire : le coup d’état militaro-fasciste orchestrée par les Etats-Unis au Chili. Cette situation présentait pourtant beaucoup de points communs avec la guerre d’Espagne de 1936. Les deux drames ont notamment servi de laboratoires aux forces réactionnaires pour mettre en place leur politique de domination.

Et donc en 1973 comme en 1936, malgré les milliers de morts, torturés, disparus, une fois de plus, le monde tourna la tête, laissant le peuple chilien subir la répression sanglante pour avoir osé rêver à un monde meilleur.

Et comme en Espagne avec Franco, les fossoyeurs de l’Histoire sont aujourd’hui nombreux qui veulent faire entrer Pinochet au panthéon de la mémoire chilienne. Ce négationnisme postmoderne suinte aujourd’hui dans de nombreux secteurs de la société chilienne.

Malgré cela, il arrive parfois que le monde retrouve la raison. Les nostalgiques de ces dictatures viennent en effet de subir un revers au Chili puisque cinquante ans après les faits, les militaires assassins du camarade poète Victor Jara viennent d’être définitivement condamnés par la cour suprême chilienne le 28 août dernier.

C’est là un signe qui doit nous inciter à continuer notre combat pour que la vérité jaillisse.

Revenir en 2023 sur ces tragédies n’est pas seulement un devoir de mémoire, c’est aussi un exercice politique essentiel pour nous souvenir d’où nous venons, où nous en sommes aujourd’hui et, surtout, se préparer aux défis et aux combats de demain.

Revenir en 2023 sur ces tragédies, alors même qu’actuellement de nombreuses populations subissent des déluges de bombes, c’est réaffirmer notre lutte pour un monde de paix, un monde où ces crimes, comme l’abandon de la République d’Espagne ou du Chili, ne seraient plus possibles.


Merci

 

Francis Boluda président de l'Aténéo Républicano de Limoges

Francis Boluda président de l'Aténéo Républicano de Limoges

Madame le Maire

Mesdames et messieurs les élus

Mesdames et messieurs les représentants civils et militaires

Mesdames et messieurs, chers amis

C'est pour moi une première et un honneur que d'honorer aujourd'hui, devant la stèle de Damien Magnaval tous ces brigadistes qui se sont engagés auprès des Républicains espagnols pour défendre la république et les libertés qui l'accompagnaient. Honorons les 8962 volontaires français qui ont combattu et qui pour beaucoup sont tombés les armes à la main pour défendre un idéal de paix , de liberté et de fraternité.

Mais la guerre est toujours présente, en Ukraine, au Haut Karabath, et depuis en Palestine et Israël, avec son cortège de destruction, de morts et de désolation. Alors, n'oublions pas le passé, mais faisons en sorte de préserver l'avenir, afin que la paix revienne au plus vite dans tous ces secteurs meurtris.

Et comme il est écrit sur le monument aux morts de Gentioux "Maudite soit la guerre" 

Démétrio Gonzales responsable de région de l'ACER

Démétrio Gonzales responsable de région de l'ACER

Démétrio de l'ACER a lu une courte biographie des 19 Corréziens brigadistes.

Danielle Clemenceau conseillère municipale - membre de l'ACER et de l'ANACR

Danielle Clemenceau conseillère municipale - membre de l'ACER et de l'ANACR

Des brigadistes corréziens aux femmes d'exception.
Au nom de la commune et de la famille de Damien, merci d'être là parmi nous si nombreux.
D'ici à quelques minutes, lors du verre de l'amitié, vous pourrez voir deux expositions à la salle polyvalente. L'une est sur la biographie de ces brigadistes corréziens l'autre sur des femmes d'exception de haute Corrèze et d'ailleurs dont la plupart sont connues pour faits de résistance à l'occupation allemande durant la seconde guerre mondiale.
S'il fallait encore le démontrer, le lien qui unit ces femmes et ces hommes apparaît comme évident.
En effet, la guerre d'Espagne (1936-1939) a été le premier acte de la seconde guerre mondiale. De ces brigadistes corréziens partis aider la jeune république espagnole contre le franquisme, beaucoup y laissèrent leurs vies et pour d'autres revenus au pays entrèrent en résistance contre l'occupation nazie. 
"En Corrèze, tout fut "terre de résistance","terre de combat", haut lieu d'une lutte obstinée, efficace, de toute une population face aux soldats à croix gammée et à leurs auxiliaires pétainistes." Albert Ouzoulias colonel André FTPF
Première figure d'une femme d'exception (dont la biographie n'a pas encore été faite)
Une femme au grand cœur à Malagnoux (extrait du livre de Marcel Viossanges "Balade à travers le vieux Gourdon")
Lorsque le camp du maquis trouva refuge dans le bois de La jarousse, la Constance Vialle, déjà veuve et pratiquement toute seule de sa famille à Malagnoux, prit contact avec les maquisards et manifesta son désir de leur venir en aide, en les ravitaillant en nourriture et en hébergeant éventuellement les malades et les blessés.
Cet engagement ne fut pas vain. Plusieurs fois par semaine, Constance fit apporter aux combattants clandestins (dont beaucoup étaient des réfugiés espagnols) des paniers entiers de beurre, œufs et viande. Elle chargea de cette tâche délicate et il faut bien l'admettre périlleuse, une jeune fille, la Régine, sans doute d'obédience judaïque et que vraisemblablement, elle camouflait à ses risques et périls dans sa ferme.
La Régine, après la libération, épousa Paco, l'un des Espagnols du camp Félix Cadras. Malheureusement, d'une santé précaire l'un et l'autre, ils ne vécurent pas longtemps."
Ils furent nombreux ces Espagnols réfugiés, loin de leur terre natale tombée aux mains des franquistes, à rejoindre le maquis de La Jarousse (dénommé le camp des Espagnols) ou le maquis d'Entre-Rioux à Pradines. Ils avaient fait la guerre d'Espagne et connaissaient la guérilla.
Il y eut en Corrèze de 1942 à 1944  de glorieux maquisards espagnols. Plus de dix sont tombés en affrontant les GMR, la milice, la Wehrmacht, les SS. Ne les oublions pas.
Deuxième figure d'exception Etiennette Leygnac
Juste quelques mots, vous pourrez lire sa biographie 
Au début de la guerre, Stéphanie que l'on appelle Etiennette, arrive à Gourdon-Murat pour tenir le poste d'institutrice à l'école libre protestante.
C'était une jeune femme qui avait de multiples talents dont la poésie et la peinture.
Des élèves se souviennent d'elle. Pendant la guerre, avec cette période de restrictions, elle emmenait ses élèves faire des promenades dans les bois où ils ramassaient des glands. Mis dans des sacs les glands étaient envoyés à Tulle pour y être torréfiés et devenir un  ersatz de café. Elle n'hésitait pas aussi à falsifier des cartes d'alimentation pour aider les gars du maquis dans le besoin.
Il nous reste d'elle un émouvant poème 'Les maquisards'retrouvé tout à fait par hasard en avril 2023.
C'est à Gourdon-Murat qu'elle rencontre son époux Gaston Leygnac.
Je voudrais ici saluer et remercier la présence de ses trois enfants, Geneviève, Hélène et Thierry et leurs époux et épouse. C'est très émouvant.
Vous trouverez aussi les livres de Paloma Léon et d'Amada Rousseaud et pour la première fois Patricia Vigier avec son livre 'Il s'appelait Camil ' son héros de papier. Un Espagnol réfugié en France, qui, comme tant d'autres exilés républicains, s'est engagé dans la Résistance en Limousin.
Destins croisés autour d'un même idéal : la Liberté et la Démocratie, deux concepts bien malmenés de nos jours encore.
Me reviennent en mémoire ces vers du poète Guillaume Apollinaire écrits en 1915 sur le front de l'armée.
" La nuit descend
  On y pressent
  Un long destin de sang."

Aujourd'hui, nous sommes au bord de l'abîme.
Restons unis, il nous faut retrouver notre humanité.


 

Commémoration du 15 octobre 2023 des brigades internationales corréziennes
Commémoration du 15 octobre 2023 des brigades internationales corréziennes
Commémoration du 15 octobre 2023 des brigades internationales corréziennes
Commémoration du 15 octobre 2023 des brigades internationales corréziennes
Commémoration du 15 octobre 2023 des brigades internationales corréziennes
Commémoration du 15 octobre 2023 des brigades internationales corréziennes
Commémoration du 15 octobre 2023 des brigades internationales corréziennes
Commémoration du 15 octobre 2023 des brigades internationales corréziennes
Commémoration du 15 octobre 2023 des brigades internationales corréziennes
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article