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Gazette de Gourdon-Murat en Corrèze

Histoire du moulin du Travers

26 Juillet 2026 , Rédigé par La gazette de Gourdon-Murat Publié dans #Patrimoine

Le moulin restauré

Le moulin restauré

Article d'Estelle Bardelot lu dans le journal « La Montagne »

publié le 26 juillet 2026

Article pour ceux qui n'ont pas pu lire La Montagne hier

 

 

"Pour mes petits-enfants, ce moulin c'est leur vie" : Éric Champseix raconte la renaissance du moulin du Travers en Corrèze

C’est un moulin à eau familial qui à, pendant des décennies, subi les assauts de l’eau, du vent, de la neige… Depuis 2021 et grâce au Loto du patrimoine mené par Stéphane Bern, le moulin du Travers à Gourdon-Murat dans les Monédières en Corrèze a retrouvé sa jeunesse. Une belle histoire de sauvetage.

 

«À chaque fois qu’il est là, mon petit-fils me dit “On va au moulin”. Il a même aidé à clouer le plancher… », sourit Éric Champseix, le propriétaire du moulin du Travers, situé sur la commune de Gourdon-Murat, en Corrèze.
Ce moulin à eau, il en a hérité en 2006. « Il appartenait à mon arrière-grand-père qui était meunier puis à mon grand-père qui était un éleveur avec un petit cheptel. Il est ensuite passé à mon oncle qui est mort en 2001. La famille voulait garder le moulin, et c’est moi qui en ai hérité », raconte Éric Champseix.

 

"Quand j'étais petit, j'avais interdiction d'y aller"

Mais pourquoi un tel attachement à un petit édifice qui était alors en très mauvais état ? « C’est une histoire de famille, résume-t-il. Quand on était enfant, les grands-parents ne voulaient pas qu’on s’en approche à cause de l’eau. On allait jusqu’au canal mais pas plus loin. Je n’ai pas de souvenirs d’être venu enfant au moulin. Ma sœur se souvient de la roue… »
Ce moulin, bâti vers 1860, était alimenté par un étang traversé par le ruisseau du Murat. L’eau de cette réserve, fermée alors par un barrage, permettait, via une gouttière, de faire tourner la roue à augets qui ensuite activait les deux paires de meules. « C’était davantage qu’un moulin, plutôt une minoterie, précise celui qui préside l’association Le moulin du Travers qui œuvre à sa restauration et sa mise en valeur. Les agriculteurs venaient avec leurs sacs de grain et de paille, tout était mis dans un bac puis c’était trié via un cylindre à eau. Le grain était ensuite placé dans un silo, puis une trémie et enfin écrasé par les meules. On avait alors de la mouture puis cela partait au blutoir dans lequel il y avait un tamis en soie qui permettait de séparer d’un côté la farine et de l’autre le son. »

 

 

 

 

Un moulin dont le toit était troué, les murs fissurés

Quasiment tous ses ustensiles ont été conservés dans le moulin. Et ce, malgré les intempéries. Car quand Éric Champseix a hérité du bâtiment, il avait un trou dans le toit, des fissures dans le mur arrière… « Le barrage n’existait plus. Il y avait un trou dans le toit sur lequel nous avions mis des tôles. On avait essayé de le bâcher. C’était un samedi, le lundi la bâche était partie. Le moulin ne voulait pas être bâché. », sourit son propriétaire qui se souvient aussi des murs tombés à l’intérieur. « Ce sont les murs extérieurs qui tenaient le reste. À tel point qu’on avait entouré le moulin d’un grillage avec un cadenas pour en interdire l’accès. »

 

Mais impossible pour la famille, réunie dans l’association, de laisser cet héritage disparaître au fil des hivers qui peuvent être rigoureux dans les Monédières. « On s’est dit qu’il fallait le sauver. Ce moulin, c’est l’histoire familiale. C’est un lieu où se souvenir de ceux qui ont vécu ici. Mes grands-parents, mon oncle, ont trimé, la vie était compliquée ici. »

Grâce au Loto du patrimoine de Stéphane Bern

Mais comment réparer un tel trésor en péril ? Les bras de la famille, des amis, l’association les réunit. Mais il fallait de l’argent. Comment en trouver ? « On a fait appel à la Fondation du patrimoine en montant des dossiers. On a candidaté au Loto du patrimoine deux fois. La seconde a été la bonne. C’était en 2021, quelques jours avant Noël. Quel beau cadeau ! », se réjouit encore l’amoureux des vieilles pierres.
Avec les 50.000 euros alloués, le moulin a été remis en état. « On a pu refaire la toiture en ardoise, la charpente, les murs intérieurs où les soubassements étaient à refaire puisque l’eau entrait dans le moulin. Le but était de le mettre hors d’eau… », liste Éric Champseix. Les bénévoles et amis ont aussi œuvré. « Nous avons refait une roue à augets. C’est une roue factice. On l’a mise plus haute que la roue d’origine parce que sinon elle serait vite abîmée par l’eau, la neige. C’est un copain qui l’a réalisée, il a aussi refait la porte du moulin. C’est un très bon menuisier. »


La toiture a été refaite, les murs extérieurs…

 

Que reste-t-il désormais à réaliser dans ce moulin ? « On a six fenêtres à changer, les planchers au-dessus. Il y a l’étage à refaire. On voudrait supprimer les premières poutres pour pouvoir montrer le trieur qui est au-dessus, refaire l’étang… », confie le propriétaire mais là aussi, cela demande des moyens financiers. « On a fait un devis pour faire refaire une vraie roue. Il y en a pour environ 50.000 euros. On va essayer de trouver un autre moyen, peut-être via des lycéens et un projet pédagogique. »

 

Ce moulin, Éric Champseix aime le faire visiter et le raconter. Hier matin, un couple et ses deux enfants, originaires de l’Isère et en vacances à Viam en haute-Corrèze, ont eu droit à l’histoire du lieu, à ses travaux, au récit des fêtes organisées par l’association pour réunir des fonds qui servent à la sauvegarde du lieu.

"C'est presque un retour aux sources"

« On a vu la banderole annonçant le moulin, au début du chemin, raconte Cédric, le père de famille. C’est un sacré travail. Il faut de la passion pour faire revivre ce que les parents et grands-parents ont fait avant nous. C’est presque un retour aux sources. »

 

Le propriétaire du site acquiesce. « Pour mes petits-enfants, mes petits neveux, ce moulin c’est leur vie. Ils veulent tout le temps y venir. C’est un lieu familial qui a resserré les liens… » sourit-il. Le moulin du Travers est-il voué à moudre du blé à nouveau, un jour ? « On voudrait le garder comme il était avant, répond Éric Champseix. Dans l’association, nous sommes encore tous en activité donc il nous manque du temps même si on y consacre beaucoup de week-ends. Mais notre but n’est pas de produire à nouveau. Seulement de remettre le moulin quasiment comme il était avant. 

 

 

 

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